"Le manteau de pluie du singe"

Spectacle de poésie japonaise mise en scène et en musique

Samedi 25 septembre 2010

à l'Espace Lyon-Japon

Deux représentations : 16h et 17h30

Atelier d'initiation gratuit à 14h ouvert en priorité aux personnes assistant au spectacle  -

 

Un échange avec les comédiens est prévu après le spectacle.
 

Tarif : 12 € / 10 € pour les élèves et membres de l'EJLJ

(réservation obligatoire pour le spectacle et l'atelier)

 

Spectacle : Nombre de places limité à 30 personnes par représentation.

Atelier : Nombre de places limité à 15 personnes.

 

--> Contact, inscriptions et accès

 

Poésie japonaise mise en scène et en musique Création collective Jeu : Anthony Greco, Marouane Magtouf

Mise en scène : Alice Lambert

Musique : Alexandre Gonzalez

Clarinette : Alice Lambert

Création lumière : Pascal Bonnet

Collaboration artistique : Elie Carton de Grammont et Clara Junker Hiver

 

Deux comédiens, du son, de la lumière, un peu d’espace, un peu de temps. Voici les outils à notre disposition pour vous faire vivre l’expérience des haïkus. Les haïkus sont des poèmes très courts (trois vers), issus de la tradition japonaise.

 

Un haïku se déguste comme un grand vin ou un chocolat fin. Lorsque vous l’avez au bout de la langue, il fait naître un florilège d’images, de sentiments, d’émotions, d’idées, de sensations.... Il est bon de laisser l’invasion se produire, retentir, puis disparaître.

 

Dans le vivier des poèmes des grands maîtres japonais, nous avons choisi une cinquantaine de haïkus. Ceux-ci en particulier car… ils sont beaux, tordus, épanouissants, troublants, idiots, lumineux, grinçants, car nous ne les comprenons pas bien, car ils nous rappellent quelque chose, car nous ne nous lassons pas de les prononcer... Ensuite, nous les avons mis les uns au bout des autres, en suivant le fil des saisons, d’un hiver à l’autre. Une affaire de météo, donc, de cycle naturel, mais pas seulement car dans la culture japonaise, le cours des saisons est investi de significations puissantes : Au printemps surgit le big-bang des bourgeons, des naissances, des amours, des perles d’eau vitale, des enthousiasmes et des désirs affolés. L'été, quant à lui, joue avec ce qui est, dans sa plénitude, avec le chant de la lune, la clarté des cerisiers, la démangeaison des orages ou l’herbe méditative. L’été jouit. L’automne brise les liens : feuille arrachée, prisonnier libéré, amoureux séparés, voyageur en partance. Enfin, la solitude s’empare de l’hiver jusqu’à la folie jusqu’à la sagesse ?

 

La trame du spectacle est plus symbolique que narrative. Les deux comédiens n'incarnent pas des personnages mais les différentes énergies de ces symboles, et ils jouent les poèmes le long d'un parcours scénique dessiné par la lumière et la musique.

Pourquoi faire entrer cette poésie au théâtre? D'abord pour la puissance vitale que les comédiens apportent au texte. Par elle, le mouvement des mots devient mouvements réels, événements accomplis ici et maintenant, sur le plateau. Ensuite, pour le son. La voix et la musique font sortir les haïkus de leur silence originel, celui de la lecture. Cette mise en son révèle en fait pour nous la nature profonde d'onde de choc, contenu en germe dans le poème. En effet, sur scène, les vers sonnent d'une façon tangible. Leur vibration se répand dans les diverses régions de l'être, région du souvenir, du désir ou du délire. Elles bousculent notre paysage sonore, puis se retirent comme autant de vagues, laissant derrière elles un silence inédit. Le théâtre permet aussi le partage et déplace ainsi l'expérience solitaire et intime du lecteur vers la tentative d'une mise en commun de l'espace poétique. Enfin, pour la concrétisation sur scène des divagations que nous ont inspirées les haïkus. Il en va par là même d'une invitation aux spectateurs à laisser danser leurs propres imaginaires.